La barre symbolique est franchie : la fraude au paiement en ligne coûte désormais plus d’un milliard d’euros par an au e-commerce français, selon une étude menée par Oneytrust sur l’année 2024 et relayée début septembre 2026. Près de 60 millions de transactions frauduleuses sont recensées chaque année, un chiffre qui pousse les e-commerçants, et en particulier les PME les moins outillées, à revoir en urgence leurs dispositifs de sécurisation des paiements.
Une menace qui progresse malgré la vigilance des acteurs
Les derniers chiffres officiels confirment la tendance haussière. Au premier semestre 2025, la fraude globale aux moyens de paiement a atteint 618 millions d’euros en France, soit une hausse de 7 % par rapport au premier semestre 2024, pour des flux de paiement totaux de 18 087 milliards d’euros. La carte bancaire reste de loin le principal vecteur, représentant 92 % des tentatives de fraude recensées sur le canal e-commerce. Mais le taux de fraude constaté sur le commerce en ligne français (7 transactions frauduleuses pour 100 000) reste inférieur à la moyenne nationale tous canaux confondus (15 pour 100 000), signe que les outils de détection par scoring et machine learning commencent à porter leurs fruits.
Les nouveaux vecteurs de fraude à surveiller
Au-delà de la carte bancaire classique, l’étude Oneytrust (36,1 millions de transactions analysées sur 6 923 marchands partenaires) identifie plusieurs zones de risque émergentes que les e-commerçants ne peuvent plus ignorer :
- La livraison express, cinq fois plus risquée que les options de livraison standard, car elle laisse moins de temps aux dispositifs anti-fraude pour réagir ;
- Le paiement fractionné (BNPL), qui représente déjà 4,7 % des tentatives de fraude et 5,9 % de la valeur frauduleuse, sur un marché attendu à 18,6 milliards d’euros en 2030 ;
- Les casiers automatiques et points relais, prisés par les fraudeurs car soumis à des contrôles d’identité plus légers qu’une livraison à domicile ;
- Les identités synthétiques et le retour fraude, deux techniques en forte progression, alimentées selon les experts par l’usage croissant de l’intelligence artificielle côté fraudeurs eux-mêmes.
La Fédération Bancaire Française alerte par ailleurs sur l’explosion des arnaques diffusées via les plateformes publicitaires en ligne, qui alimentent en amont une partie de cette fraude aux paiements : plus de la moitié des escroqueries signalées au Royaume-Uni impliqueraient des publicités Meta, un phénomène que les autorités françaises surveillent de près à mesure que ces techniques se diffusent vers les boutiques en ligne hexagonales.
Comment sécuriser ses paiements en ligne quand on est une PME
Face à cette pression, plusieurs leviers concrets s’offrent aux e-commerçants, y compris aux structures de petite taille qui n’ont pas d’équipe dédiée à la lutte anti-fraude :
- Renforcer systématiquement l’authentification forte au paiement, avec au moins deux facteurs d’identification distincts, comme le recommande la Fédération Bancaire Française ;
- S’appuyer sur des passerelles de paiement intégrant nativement des moteurs de scoring anti-fraude, plutôt que d’ajouter une couche de sécurité a posteriori ;
- Suivre l’évolution du cadre réglementaire européen, notamment les nouvelles obligations issues de l’Open Banking (DSP3), qui renforcent les exigences de sécurisation des flux de paiement pour les prestataires de services ;
- Ne pas négliger la sécurité du site lui-même : une part croissante des fraudes commence par une intrusion ou un scraping automatisé, ce qui justifie d’investir aussi dans la protection contre les attaques de bots en amont du tunnel de paiement.
Un nouvel outil de partage d’informations sur les comptes frauduleux entre établissements bancaires doit par ailleurs être lancé en mai 2026 à l’initiative de la profession bancaire, ce qui devrait faciliter le blocage en amont des flux suspects avant même qu’ils n’atteignent la boutique en ligne.
Ce qu’il faut retenir pour les e-commerçants français
Le message des professionnels du secteur est clair : la fraude au paiement en ligne ne se traite plus uniquement au moment du clic « payer ». Elle se joue en amont, sur le choix de la passerelle de paiement, la configuration de l’authentification forte et la surveillance des nouveaux points d’entrée que sont le BNPL, la livraison express et les points relais. Pour les PME françaises, l’enjeu n’est pas seulement financier : un taux de fraude mal maîtrisé peut aussi entraîner une hausse des commissions bancaires appliquées par les prestataires de paiement, sur le principe du risque mutualisé.
Questions fréquentes
Combien coûte la fraude au paiement en ligne aux e-commerçants français ?
Selon l’étude Oneytrust portant sur l’année 2024, la fraude coûte plus d’un milliard d’euros par an au e-commerce français, pour environ 60 millions de transactions frauduleuses recensées.
Quels sont les moyens de paiement les plus touchés par la fraude en ligne ?
La carte bancaire reste très largement en tête, avec 92 % des tentatives de fraude sur le canal e-commerce. Le paiement fractionné (BNPL) progresse rapidement, avec 4,7 % des tentatives et 5,9 % de la valeur frauduleuse détectée.
Comment une PME peut-elle réduire son exposition à la fraude au paiement ?
En renforçant l’authentification forte au paiement, en choisissant une passerelle de paiement intégrant un moteur de scoring anti-fraude, et en surveillant particulièrement les commandes livrées en express ou retirées en point relais, identifiées comme des vecteurs de risque accrus.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale