Depuis le 1er juillet 2026, les colis importés dans l’Union européenne d’une valeur inférieure à 150 € ne bénéficient plus de l’exonération de droits de douane qui prévalait jusqu’alors. Un forfait de 3 € par ligne tarifaire s’applique désormais, et un second prélèvement — un frais de traitement de 2 € par article — doit entrer en vigueur au 1er novembre 2026. Pour les e-commerçants qui font du sourcing directement auprès de fournisseurs situés hors UE, la facture logistique change de nature.
La mesure, votée dans le cadre de la réforme douanière européenne, vise avant tout le flux massif de petits colis en provenance d’Asie : 4,6 milliards d’envois de ce type sont entrés dans l’UE en 2024, dont 91 % depuis la Chine. Mais contrairement à une idée reçue, elle ne vise pas uniquement les plateformes grand public comme Shein ou AliExpress — dont le modèle low-cost est déjà sous pression — elle concerne tout e-commerçant qui importe lui-même ses produits pour les revendre.
Un double prélèvement qui s’additionne
Le forfait de 3 € instauré en juillet s’applique par sous-position tarifaire déclarée, c’est-à-dire par catégorie de marchandise et non par colis entier. Le frais de 2 € prévu par le règlement délégué de la Commission européenne du 21 septembre 2026 s’ajoute à ce montant et rémunère, selon Bruxelles, les coûts de vérification des données, d’analyse de risque et de contrôle douanier. Pour un e-commerçant qui importe un conteneur mélangeant plusieurs familles de produits, l’addition des lignes tarifaires peut représenter une charge non négligeable, surtout sur des références à faible marge unitaire.
Pourquoi le sourcing direct est le plus exposé
Les grandes plateformes disposent de volumes et de services douaniers internes pour absorber ou répercuter ces coûts. Les e-commerçants indépendants qui diversifient leurs fournisseurs au-delà de la Chine ou qui importent en petites séries sont moins armés pour automatiser ces déclarations. C’est là que les solutions de dédouanement automatisé par transmission de données prennent tout leur sens : elles permettent de regrouper les lignes tarifaires et de limiter le nombre de déclarations facturées.
Ce que cela change concrètement pour un e-commerçant
- Le calcul de marge doit désormais intégrer un coût fixe par ligne tarifaire, et non plus seulement un pourcentage de la valeur déclarée.
- Regrouper les commandes fournisseurs par catégorie de produit réduit le nombre de lignes déclarées, donc le montant total du forfait.
- Relocaliser une partie du sourcing en France ou dans l’UE supprime purement et simplement ces frais sur les références concernées.
- Les prestataires logistiques qui déclarent pour compte de tiers répercuteront probablement ces frais sur leurs grilles tarifaires dès novembre.
Un dispositif transitoire jusqu’en 2028
Ce régime de forfaits doit rester en vigueur jusqu’au 1er juillet 2028, date à laquelle la réforme douanière européenne prévoit de lui substituer une application classique des droits du tarif douanier commun, calculés sur la valeur réelle des marchandises. D’ici là, les e-commerçants ont intérêt à documenter précisément l’origine et la catégorie tarifaire de chaque référence importée, pour éviter les mauvaises surprises lors du calcul du forfait.
Questions fréquentes
Le forfait de 3 € et le frais de 2 € s’appliquent-ils à chaque colis ou à chaque article ?
Les deux prélèvements s’appliquent par ligne tarifaire déclarée : un colis contenant plusieurs catégories de produits différentes peut donc cumuler plusieurs fois ces montants, et pas seulement une fois par envoi.
Ces frais concernent-ils aussi les achats hors Chine ?
Oui. Le dispositif s’applique à tous les envois de faible valeur en provenance de pays situés hors de l’Union européenne, même si l’essentiel du volume concerné vient aujourd’hui de Chine.
Existe-t-il un seuil en dessous duquel ces frais ne s’appliquent pas ?
Non, contrairement à l’ancienne franchise de 150 €, le nouveau frais de traitement de 2 € s’applique quelle que soit la valeur de l’article, dès le premier euro.
Sources
- E-commerce Nation — Taxe petits colis : dès le 1er juillet 2026, les imports dans l’UE seront taxés de 3 euros
- VitalLaw — EU Confirms New E-Commerce Handling Fee Will Be EUR2 Per Item
- Commission européenne — EU Customs Reform
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale