Longtemps perçue comme un simple accessoire urbain, la trottinette électrique s’est imposée comme une véritable catégorie de produit pour les e-commerçants, généralistes comme spécialisés. Vendre ce type d’engin en ligne suppose pourtant de maîtriser trois dossiers sensibles, trop souvent sous-estimés : le choix des fournisseurs, la conformité réglementaire et la logistique après-vente. Voici les repères à connaître avant de l’ajouter à son catalogue.
Un marché arrivé à maturité, mais toujours porteur
En 2025, le marché français des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) a franchi les 700 000 unités vendues, pour un chiffre d’affaires de 274,8 millions d’euros. La trottinette électrique y occupe une place dominante : elle représente environ 87 % des volumes et 89 % de la valeur du marché, loin devant les autres familles d’EDPM. Depuis 2016, plus de 5 millions d’exemplaires ont été vendus en France, signe d’un ancrage désormais durable dans les habitudes de déplacement urbain plutôt que d’un simple effet de mode post-Covid. Des enseignes généralistes comme Electro Dépôt proposent d’ailleurs déjà un large catalogue de trottinette électrique, preuve que ce segment dépasse largement les boutiques spécialisées en mobilité.
Sourcing : choisir ses fournisseurs sans se tromper
Comme pour toute catégorie technique, le sourcing conditionne la rentabilité et la fiabilité de l’offre. Les e-commerçants qui se lancent sur ce marché ont intérêt à croiser plusieurs canaux d’approvisionnement plutôt que de dépendre d’un fournisseur unique, une logique déjà détaillée dans notre article sur le sourcing made in France, qui s’applique aussi bien aux produits de mobilité urbaine. La diversification des fournisseurs, au-delà des géants historiques, permet aussi de sécuriser les approvisionnements en cas de tension logistique, comme nous l’expliquions à propos de la diversification des fournisseurs au-delà de la Chine. Dans tous les cas, la vérification des certifications marquage CE et conformité des batteries doit figurer dans le cahier des charges fournisseur, avant même la question du prix.
Conformité : ce que pointe la DGCCRF
Sur ce produit, la vigilance réglementaire n’est pas optionnelle. Une enquête de la DGCCRF a mis en évidence une réglementation mal maîtrisée par une partie des professionnels du secteur, qu’il s’agisse de l’information précontractuelle, des conditions de garantie ou des caractéristiques techniques affichées. Sur le plan de la sécurité, l’autorité rappelle également neuf règles d’or pour limiter les risques d’incendie liés aux batteries au lithium, un sujet sensible pour tout vendeur qui expédie ou stocke ce type de produit. Pour l’acheteur final, la trottinette électrique relève de la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés : elle est limitée à 25 km/h, son usage sur la voie publique est soumis à une assurance responsabilité civile obligatoire, et l’âge minimum légal est fixé à 14 ans. Rappeler ces règles dans la fiche produit, plutôt que de les laisser découvrir après l’achat, limite fortement les retours et les litiges.
Logistique et après-vente : les pièges à anticiper
Le gabarit et le poids de la trottinette électrique en font un produit coûteux à expédier et à retourner. Les e-commerçants spécialisés dans des produits volumineux ou techniques, comme nous l’avons déjà observé pour la vente de cuisine équipée en ligne, savent qu’une politique de retour mal calibrée pèse directement sur la marge. C’est d’autant plus vrai que la logistique inverse devient un enjeu stratégique à part entière pour l’e-commerce, comme le détaille notre article sur les retours e-commerce et la logistique inverse. Anticiper le stock de pièces détachées (batteries, pneus, chargeurs) et un service après-vente réactif reste souvent ce qui distingue, sur ce marché mature, une boutique qui fidélise d’une boutique qui ne vend qu’une fois.
Questions fréquentes
Faut-il une assurance pour vendre des trottinettes électriques en ligne ?
Non, l’obligation d’assurance responsabilité civile concerne l’utilisateur final, pas le vendeur. Le e-commerçant a toutefois intérêt à informer clairement l’acheteur de cette obligation légale dans sa fiche produit, pour limiter les litiges après-vente.
Quelles certifications vérifier auprès d’un fournisseur ?
Le marquage CE est indispensable, de même que la conformité des batteries et des chargeurs aux réglementations européennes sur la sécurité des produits et des batteries. La DGCCRF rappelle régulièrement que ces points sont insuffisamment contrôlés par certains professionnels du secteur.
Pourquoi la logistique des retours est-elle plus sensible sur ce produit ?
En raison de son volume, de son poids et de la présence d’une batterie au lithium, qui soumet le transport retour à des règles spécifiques. Un service après-vente mal anticipé peut rapidement rogner la marge sur ce type de produit technique.
Sources
- DGCCRF — Vélos et trottinettes électriques : la réglementation mal maîtrisée par les professionnels
- DGCCRF — Les neuf règles d’or de la sécurité des batteries au lithium
- Cleanrider — Ventes de trottinettes électriques en France : une année 2025 stable
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale