Longtemps traitée comme un centre de coûts annexe, la logistique inverse s’impose désormais comme un sujet stratégique pour tout e-commerçant. Preuve en est le rachat, annoncé le 17 septembre 2026, de la plateforme strasbourgeoise Baback par l’éditeur français Shippingbo : une opération qui traduit une consolidation rapide du marché des retours e-commerce, jusqu’ici largement délaissé au profit de la seule logistique de livraison.
Shippingbo absorbe Baback, spécialiste des retours
Fondée en 2022 par Raphaël Touati et Benoît Tallandier, Baback automatise l’intégralité du parcours de retour : de la demande du client jusqu’au remboursement, en passant par l’organisation du transport. La plateforme est passée de 72 000 retours traités en 2023 à environ 1,3 million attendus en 2026, au service de plus de 260 marques. Pour Shippingbo, qui pilote déjà l’exécution des commandes sortantes côté logistique & supply chain, cette acquisition — la première opération de croissance externe depuis l’entrée à son capital de Main Capital Partners — permet de couvrir tout le cycle post-achat, de la commande à son éventuel retour.
Concrètement, les marchands utilisant la solution combinée pourront réduire la manutention manuelle des colis retournés, accélérer leur remise en stock et proposer plus facilement des alternatives au remboursement pur, comme l’échange ou l’avoir. Un enjeu que documentait déjà notre article sur la mutualisation des stocks e-commerce par Stockly, autre signe que la gestion fine des flux physiques devient un avantage compétitif à part entière.
Le vrai coût d’un retour, chiffres à l’appui
Selon les données Amra & Elma, le taux de retour moyen en e-commerce français atteint 15 %, et grimpe jusqu’à 30 % dans la mode et le textile. Or chaque colis retourné a un coût réel :
- Entre 15 et 30 € par retour, transport, contrôle qualité, remise en stock et frais de remboursement inclus ;
- Pour une boutique traitant 1 000 commandes mensuelles avec 20 % de retours, cela représente 200 colis et une facture de 3 000 à 6 000 € par mois ;
- Sur une année, la note peut dépasser 50 000 €, sans compter l’impact sur la trésorerie et la disponibilité des stocks.
Ces montants expliquent pourquoi la question du retour ne peut plus être traitée comme un simple service après-vente : elle pèse directement sur la rentabilité, au même titre que les frais de livraison affichés au checkout, autre facteur bien identifié d’abandon de panier.
Pourquoi ce mouvement de consolidation compte
Le rachat de Baback illustre une tendance de fond : les éditeurs de logiciels e-commerce cherchent à couvrir l’ensemble de la chaîne d’exécution, de l’entrepôt jusqu’au retour, plutôt que de se limiter à l’expédition. C’est la même logique d’intégration qui pousse certains distributeurs à automatiser massivement leurs entrepôts, comme le montre le projet d’entrepôt robotisé lancé par Amazon en Pays de la Loire. Pour les e-commerçants de taille moyenne, ce mouvement se traduit par l’arrivée d’outils jusque-là réservés aux plus gros acteurs : automatisation des étiquettes de retour, remise en stock accélérée, et pilotage unifié des flux aller et retour dans un même tableau de bord.
À terme, c’est la manière même de calculer la rentabilité d’un produit qui évolue : un article à fort taux de retour, même bien vendu, peut devenir peu rentable une fois la logistique inverse intégrée au calcul. D’où l’intérêt croissant des marchands pour des indicateurs de coût de retour net, désormais intégrés dans les solutions de pilotage e-commerce.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la logistique inverse en e-commerce ?
C’est l’ensemble des flux et processus qui organisent le retour d’un produit du client vers le marchand ou l’entrepôt : collecte, transport, contrôle qualité, remise en stock ou destruction, et remboursement ou échange.
Quel est le taux de retour moyen dans l’e-commerce français ?
Il se situe autour de 15 % toutes catégories confondues, selon les données Amra & Elma, avec des pics pouvant atteindre 30 % dans la mode et le textile où l’essayage à distance multiplie les retours.
Pourquoi les éditeurs logiciels rachètent-ils des spécialistes des retours ?
Parce que les marchands veulent piloter l’ensemble du cycle de commande — expédition et retour — depuis un seul outil, plutôt que de jongler entre plusieurs prestataires. Le rachat de Baback par Shippingbo s’inscrit dans cette logique de consolidation.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale