L’essayage virtuel par intelligence artificielle a longtemps été présenté comme une arme réservée aux sites marchands pour limiter leurs retours. Un test mené par l’enseigne britannique Tesco inverse la logique : la technologie quitte l’écran du e-commerçant pour s’installer directement dans le rayon d’un hypermarché physique, avec des enseignements utiles pour tout vendeur en ligne.
Un essai concret dans un magasin physique
Depuis la fin septembre 2026, Tesco teste dans son magasin Sandhurst Extra (Royaume-Uni) un écran d’essayage virtuel fourni par la société AIUTA, dédié à sa marque de vêtements F&F. Le principe : le client prend une photo de lui-même ou en importe une, ou choisit un mannequin numérique, puis visualise virtuellement environ 1 500 références homme et femme, dans différentes tailles, avant de passer en caisse. L’objectif affiché par l’enseigne est d’aider les acheteurs à choisir un style et une taille avec davantage de confiance avant l’achat.
L’installation s’accompagne d’une refonte plus large du rayon F&F de ce magasin : nouvelles cabines d’essayage physiques, création d’un point de service dédié pour simplifier le passage en caisse et les retours, et mise à jour de la signalétique et de l’éclairage du rayon.
Une technologie d’abord éprouvée en ligne
Ce virage n’est pas anodin : l’essayage virtuel s’est d’abord développé pour répondre à un problème propre au e-commerce, celui des retours produits liés à une mauvaise estimation de taille ou de coupe. Pour les marchands en ligne, chaque retour pèse sur la marge : transport, reconditionnement, parfois destruction du produit. La logistique inverse est d’ailleurs devenue, à ce titre, un enjeu stratégique à part entière pour nombre d’e-commerçants ces dernières années.
En testant cette même technologie en magasin, Tesco cherche à résoudre un problème voisin mais physique : la queue aux cabines d’essayage et l’hésitation à l’achat, deux freins bien identifiés par les enseignes de prêt-à-porter. Pour son activité F&F, la question commerciale n’est pas neutre : sur l’exercice clos le 28 février 2026, la division a réalisé plus de 1,2 milliard de livres sterling de ventes, en hausse de 5,1 % sur un an.
Ce que ce mouvement change pour les vendeurs en ligne
Pour un e-commerçant, l’enseignement n’est pas le gadget lui-même mais le sens de la circulation : un outil né pour compenser une limite propre au commerce en ligne — l’impossibilité d’essayer avant d’acheter — revient désormais enrichir le magasin physique. C’est un signe de maturité technologique : une fois les coûts de ces briques d’IA suffisamment bas, elles deviennent disponibles dans les deux sens, en ligne comme en point de vente, et un fournisseur spécialisé comme AIUTA peut les proposer en mode service plutôt qu’en développement interne coûteux.
Plusieurs pistes concrètes en découlent pour les sites marchands, notamment ceux qui opèrent aussi un point de vente physique ou un pop-up store :
- Mesurer le taux de retour par catégorie de produit avant d’investir dans un outil d’essayage virtuel, en ligne ou en magasin, pour cibler les gammes où le gain sera le plus net ;
- Considérer l’essayage virtuel comme un levier d’expérience client unifiée entre les canaux plutôt que comme un simple gadget marketing — un sujet sur lequel les classements sectoriels distinguent déjà nettement les enseignes les plus avancées ;
- Anticiper que les clients venus du digital attendront, demain, la même aide à la décision en point de vente, et inversement — l’exigence circule désormais dans les deux sens.
Il s’agit pour l’instant d’un test limité à un seul magasin : rien n’indique à ce stade une généralisation à l’ensemble du réseau Tesco, et l’enseigne elle-même présente l’opération comme une phase d’évaluation plutôt que comme un déploiement acté.
Questions fréquentes
L’essayage virtuel en magasin remplace-t-il les cabines d’essayage physiques ?
Non. Dans le test mené par Tesco, l’écran d’essayage virtuel vient compléter des cabines d’essayage physiques neuves installées au même moment, pas les remplacer.
Cette technologie est-elle réservée aux grandes enseignes ?
Le fournisseur AIUTA propose sa technologie sous forme de service, ce qui abaisse la barrière à l’entrée par rapport à un développement interne ; son adoption par des enseignes de taille intermédiaire dépendra surtout du coût d’intégration et du volume de retours à compenser.
Quel est l’objectif économique réel de ce test pour Tesco ?
Aider les clients à choisir la bonne taille et le bon style avant l’achat, afin de réduire l’hésitation en magasin et, potentiellement, les retours — sans que l’enseigne ait publié de chiffre d’impact à ce stade, puisque le test vient de démarrer.
Sources
Just Style — Retail Technology Innovation Hub — Bracknell News
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale